Le Matin, 30.3.2004
Le but assassin de la 92e minute
SUPER LEAGUE Servette tenait sa première victoire à l'extérieur - et Roth son premier blanchissage -, quand Häberli a tout gâché. Le visiteur doit se contenter d'un nul au goût de défaite
NICOLAS JACQUIER
29 août 2004
A la 90e minute encore, hier au Neufeld, dans une partie qu'il avait bien su gérer jusque-là, le visiteur «grenat» avait match gagné. Il tenait les trois points en même temps que sa première victoire de la saison en déplacement, et s'y accrochait. Ne restait plus, dès lors, qu'à maîtriser correctement les trois longues minutes d'arrêts de jeu. Une tâche aisée pour une équipe qui ne doute pas. Mais pas pour Servette, qui, trop fébrile dans ces moments-là, doute toujours. Une remise en jeu mal négociée, un cafouillage, une percée rageuse de Häberli conclue victorieusement et, au dernier coup de sifflet de l'arbitre, 40 secondes plus tard, un résultat rageant (1-1). Conséquence d'un dénouement cruel. En perdant le bénéfice de ce qu'il avait montré auparavant - une belle solidarité et un état d'esprit irréprochable, notamment -, Servette s'est puni tout seul. «On manque de concentration. On ne peut avoir que des regrets, car on méritait les trois points. Les joueurs ont tout donné, ils ont mouillé leur maillot. On ne peut rien leur reprocher aujourd'hui, hormis la mauvaise gestion des arrêts de jeu. Il aurait fallu pourrir le match...» Edson Carpegiani, l'envoyé spécial de Marc Roger, a été sensible aux progrès aperçus sur la pelouse bernoise.
Après ses journées portes ouvertes à Thoune (défaite 3-0), Aarau (4-0) et contre Xamax (3-0), le visiteur avait, cette fois, choisi de resserrer les rangs. L'impressionnante sûreté de Karembeu jusqu'à sa glissade malheureuse, le très bon match de Furo dans l'axe, la présence d'un double rideau défensif à mi-terrain (avec Portillo et Kata), la volonté du visiteur: tout cela, ajouté aux... maladresses répétées des attaquants d'YB, a longtemps servi les intérêts servettiens. Alors que l'on pensait la machine «grenat» peut-être lancée, YB a pourtant privé Servette d'un début de série. Au lieu d'aller doubler la mise en profitant des espaces s'offrant à lui, le visiteur a commis l'erreur, hier, de trop reculer, de vouloir défendre l'acquis, ce qu'il ne sait pas encore faire. «Ça s'est joué à peu de chose», convenait Adrian Ursea. «On a fait un match solide, ce qui était notre objectif. En première mi-temps, ce n'était pas fameux, le match était terne et le public n'avait pas de quoi s'emballer.» S'agissant du jeu proprement dit, il faudra repasser. «Il ne faut pas en attendre monts et merveilles actuellement. Notre but n'est pas de soigner la manière, mais de reprendre confiance.» Sur ce plan-là, Servette a peut-être gagné plus qu'un point. Même s'il a fini par concéder, compte tenu des circonstances, un nul amer au goût de défaite...
Young Boys - Servette 1-1 (0-0)
Neufeld, 7600 spectateurs.
Arbitre: M. Laperrière.
Buts:
78e Hassli 0-1. Sur une longue ouverture de Merino, Bettoni se «loupe». Diogo hérite du ballon et centre pour la tête du remplaçant.
92e Häberli 1-1. Suite à une mauvaise remise en jeu, Servette cafouille, panique. Häberli en profite pour s'infiltrer, effacer Karembeu et battre Roth de près. Il restait quarante secondes...
Young Boys: Bettoni; Eugster (75e Coubageat), Carreño, Disler, Rochat; Magnin (46e Sermeter), Friedli, Urdaneta, Melunovic (46e De Napoli); Häberli, Chapuisat. Entraîneur: Zaugg.
Servette: Roth; Toni, Furo, Karembeu, Edu; Callà, Portillo, Kata, Beauséjour (57e Diogo); Valdivia (53e Merino); Kader (64e Hassli). Entraîneur: Ursea.
Notes: YB sans Neri, Berisha (blessés). Servette sans Bah, Cravero, Moldovan, Domoraud (blessés), ni Ziani et Pont (pas convoqués). 30e: une frappe de Kader rebondit sous la transversale et... devant la ligne. 88e: sauvetage de Karembeu (frappe de Häberli).
Avertissements: Häberli (35e, faute sur Valdivia), Valdivia (35e), Edu (49e, faute sur De Napoli), Sermeter (88e, pour avoir cherché un penalty trop... visiblement).
Coups de coin: 12-2 (9-1).
Les ballons du «Matin»: Valdivia (or, agréable découverte chilienne de la première mi-temps), Furo (argent), la capacité d'YB d'y croire jusqu'au bout (bronze).
http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmat ... in_de.html